Vision des mobilités urbaines africaines de demain: la ville en réseau 2040

Version 1

    En novembre 2016, quelques jours avant la COP22 de Marrakesh, Michelin et Africa4Tech ont coopéré autour d'un atelier sur le devenir des mobilités africaines.

    Pendant cet atelier, auquel ont participé plusieurs startups africaines, des entreprises et des universitaires, deux visions de mobilités dans les villes africaines de demain ont été élaborées: les Villes Connectées, et les Villes en Réseau

     

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    Connected City 2040

     

    Dans cette vision, la ville africaine est « organique » : une grande partie de la population vit à la fois à la ville et à la campagne. Bon nombre de citadins le sont donc par intermittence et les habitants sont « fluctuants »

     

    La ville se propage à l’horizontale et les quartiers deviennent de plus en plus séparés. Les plus pauvres et les itinérants habitent principalement dans les bidonvilles qui se massent au pied des communautés fermées où vivent les personnes aisées. Il n’y a que peu d’interaction physique entre les différentes classes sociales, les pauvres travaillant pour les riches.

     

    L’accès aux services dans les quartiers défavorisés, cependant, s’est considérablement amélioré. Mini-grids,  petits véhicules électriques frugaux et « matatus » autonomes permettent aux habitants de se déplacer. Des « Transit Nodes » qui relient les différents points de la ville, sont également des points multiservices qui agrègent de nombreux services.

     

    Amina, mère célibataire habitant dans un quartier défavorisé dans la périphérie lointaine de la ville doit chaque jour se rendre à son travail. Elle prépare des plats cuisinés pour les déjeuners des classes aisées travaillant dans les quartiers business de la ville.

    Le matin, avant de s’occuper de ses enfants, elle regarde via son « smart device » (on imagine que quelque chose aura remplacé le téléphone d’ici, et qu’Amina y aura accès) quels sont les produits locaux du jour qui lui conviennent le mieux pour préparer les repas de ses clients et passe commande. Après avoir laissé son plus jeune enfant à la maternelle locale du quartier, elle part avec ses deux enfants plus grands qui sont au collège.  Ils marchent jusque au point de passage du Matatu électrique, dont elle a pu suivre la progression grâce à son « smart device » (SD).

     

    La famille se sépare au Transit Node, les enfants partant dans une direction dans un véhicule (possiblement autonome) dédié (sur roues, téléphérique ou autre), Amina continuant dans un autre véhicule dédié jusqu’au « Food Hub » où elle travaille.

     

    Sa commande de produits frais l’y attend, et elle s’attelle rapidement à la tâche, préparant des « dabhas » (ou boîtes à déjeuner) qui lui ont été commandées pour la journée. Karl, un de ses bons clients, lui en a commandé deux car il a une réunion d’affaires aujourd’hui et peu de temps pour déjeuner.

    Une fois ses dabhas prêts, des drones ou petits véhicules électriques de livraison viennent les collecter pour les livrer individuellement dans les grands bureaux du quartier business.

     

    Amina rentre dans son quartier comme elle est venue, mais aujourd’hui, elle doit retrouver son père, Blaise, malvoyant, qui vit à la campagne, et qui doit subir des examens plus approfondis que ceux auxquels il se livre de façon routinière via la télémédecine depuis son village.

     

    Blaise, pour venir à la ville, a d’abord pris un petit véhicule solaire rustique – le même qui lui permet de recharger son smart device - qui l’a amené au transit node le plus proche de son village. Le chauffeur du bus, qui sait que Blaise est malvoyant sait exactement, grâce à son propre smart device où son passager l’attendra .

    Le voyage prend deux heures, le corridor de transport étant relativement fluide car bien géré grâce à des camions autonomes en convoi. Le bus amène Blaise directement au transit node où l’attend Amina pour l’emmener, par Matatu digitalisé, jusqu’au centre de soins où Blaise doit se rendre.

     

    A la fin de sa journée, Karl, quant à lui, doit disputer une partie de golf avec des clients potentiels. Il veut leur faire bon effet, et commande donc un VTC Tesla électrique de sport dernier cri. Le trajet n’est pas long, car son véhicule contourne le quartier défavorisé où vivent son aide-ménagère et son jardinier sur une route dédiée et sécurisée. Une fois sa partie terminée, il rentre dans son quartier résidentiel par le même moyen de transport.

    Demain étant samedi, Karl et sa famille ont projeté de se rendre dans la ville voisine pour les 10 ans de mariage de son frère. Ils prendront le train rapide  au Station Mall, un centre commercial de luxe qui s’est bâti autour de la gare, juste à l’orée du quartier « fortifié ». Ce train rapide l’amènera directement dans la gare de  Centre Mall, le plus grand centre commercial de la capitale du pays voisin où habite son frère.